L’escalade des tensions au Moyen-Orient est sur le point de faire grimper les tarifs aériens, alors que les perturbations de l’approvisionnement en pétrole se répercutent sur l’industrie aérienne mondiale. Après un week-end de conflit intensifié entre les États-Unis, Israël et l’Iran, les principales compagnies aériennes du golfe Persique ont suspendu leurs services réguliers, les vols de fret et de rapatriement limités ne reprenant que maintenant.

Impacts géopolitiques sur les voyages

La crise actuelle s’étend au-delà des annulations immédiates de vols. Le détroit d’Ormuz, une artère essentielle pour le transport pétrolier mondial – qui traite plus de 14 millions de barils par jour – est confronté à une grande incertitude. Une perturbation prolongée pourrait étouffer l’offre, faisant monter en flèche les prix du pétrole. Mardi, le pétrole a bondi de plus de 10 %, atteignant 75 dollars le baril.

Il ne s’agit pas simplement de pétrole ; il s’agit de la façon dont les compagnies aériennes fonctionnent. Le carburant représente environ un tiers de leurs coûts totaux, ce qui en fait la deuxième dépense après la main d’œuvre. Historiquement, lorsque les prix du pétrole augmentent, les compagnies aériennes répercutent ces coûts sur les passagers, généralement avec un décalage de 2 à 3 mois. La dernière fois que cela s’est produit – lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 – les compagnies aériennes ont augmenté leurs tarifs de 15 à 20 dollars par billet.

La réponse des compagnies aériennes : prime ou budget

La façon dont les compagnies aériennes réagissent varie. Les transporteurs à service complet proposant des cabines premium (première, business et premium economy) sont susceptibles d’absorber les coûts de carburant en augmentant les tarifs dans ces sections, protégeant ainsi la classe économique des augmentations immédiates. Toutefois, les compagnies aériennes à bas prix, dépourvues de ce coussin, pourraient être contraintes d’augmenter leurs prix dans toutes les classes tarifaires.

« Si les prix du pétrole grimpent jusqu’à environ 100 dollars le baril et y restent, cela pourrait être très problématique pour les compagnies aériennes », prévient Henry Harteveldt, consultant dans l’industrie du voyage. La durée du conflit et celle de toute interruption de l’approvisionnement en pétrole détermineront l’ampleur de la hausse des prix.

Résilience de la demande de voyages

Malgré ces risques, la demande de voyages s’est révélée étonnamment résiliente ces dernières années. Les consommateurs continuent de donner la priorité aux voyages, même en cas de chocs économiques. Cependant, les coûts élevés et persistants du carburant pourraient éventuellement contraindre certains voyageurs à reporter ou à annuler leur voyage pour des raisons de sécurité et de contraintes budgétaires.

Conclusion

Le conflit au Moyen-Orient perturbe déjà le transport aérien, et le risque d’une hausse des prix des vols semble important. L’impact final dépend de la durée de la crise et de la gravité de l’impact sur les approvisionnements mondiaux en pétrole. Même si certaines compagnies aériennes peuvent protéger les voyageurs en classe économique, les compagnies aériennes à bas prix pourraient être les plus durement touchées, ce qui entraînerait des augmentations de prix plus importantes.