Des rues historiques de Milan à la scène artistique dynamique du Lower Manhattan, une nouvelle vague d’espaces créatifs émerge. Cette semaine, nous explorons comment l’architecture, la culture pop et l’histoire personnelle se croisent dans de nouveaux hôtels, galeries et boutiques.
L’élégance milanaise réinventée : Casa Laveni
Au cœur du quartier historique de Brera à Milan, un morceau d’histoire architecturale renaît. Le bâtiment de la Via dei Bossi, autrefois résidence privée de l’éminent ingénieur du XXe siècle Giuseppe Laveni, a été transformé en Casa Laveni.
Laveni était une figure clé du design milanais, responsable de monuments tels que le théâtre de l’Odéon. Son ancienne maison, caractérisée par des détails ornés de l’Art nouveau et de la fonte décorative, a été méticuleusement préservée par la société Delogu Architecture, basée à Rome.
- Le concept : L’hôtel est conçu pour fonctionner comme une résidence privée plutôt que comme un hébergement temporaire.
- L’intérieur : Attendez-vous à un mélange de luxe milanais classique et de style Art déco, avec du parquet blond, des corniches décoratives et des miroirs aux tons laiton qui dissimulent astucieusement les téléviseurs.
- Les points forts : Parmi les 30 chambres disponibles, cinq disposent de terrasses luxuriantes et remplies de plantes, un clin d’œil aux cours privées traditionnelles au cœur des palazzi milanais.
Vous pourrez profiter de la bibliothèque intime de l’hôtel et du café au toit de verre, situé à quelques pas des spécialités culinaires locales comme la Trattoria Torre di Pisa.
Élever la culture basse : l’art de Martin Wong
Une nouvelle exposition provocante au PPOW au centre-ville de Manhattan explore l’intersection de la culture pop et de l’identité queer à travers le prisme du regretté artiste Martin Wong.
L’exposition, “Martin Wong : Popeye”, ouvre ses portes le 18 avril et se concentre sur la réinterprétation unique par Wong du personnage de dessin animé emblématique. Alors que Popeye le marin est traditionnellement une figure dominante, Wong a utilisé le personnage pour explorer des thèmes plus profonds, souvent codés queer.
Les éléments clés de l’exposition comprennent :
- Motifs signature : De nombreuses œuvres présentent le motif de brique « allover » reconnaissable de Wong, un hommage visuel au Lower East Side où il a vécu et travaillé.
- High vs. Low Art : En plaçant des représentations de Popeye, allant de petits tatouages provocateurs à de grandes découpes de contreplaqué, dans des cadres dorés, Wong a remis en question les frontières entre la culture pop « basse » et les beaux-arts « élevés ».
- Un héritage doux-amer : Le spectacle rend hommage au talent de Wong, qui a été tragiquement interrompu par l’épidémie de VIH/SIDA.
L’exposition se déroule jusqu’au 30 mai et offre un regard approfondi sur un artiste qui a transformé le courage urbain en grand art.
Autobiographie d’un designer : Caserra 71
Dans la ville pittoresque de Deià, à Majorque, le créateur de mode Matthew Williamson a ouvert une nouvelle entreprise qui est autant une archive personnelle qu’un espace de vente au détail. Caserra 71, cofondée avec son partenaire Joseph Velosa, constitue une « autobiographie tridimensionnelle » du designer.
Le nom lui-même est un hommage : « 71 » fait référence à la fois à l’année de naissance de Williamson et à son époque de design préférée. La boutique est un mélange soigné du passé et du présent :
- Les archives : Williamson a sélectionné environ 40 pièces remarquables dans ses propres archives de mode, y compris des looks de défilés uniques des deux dernières décennies.
- La conservation : Aux côtés de ses propres pièces, la boutique présente des marques contemporaines comme Jacquemus et OAS, des objets pour la maison et de l’art local.
- L’esthétique : Le design de la boutique est profondément ancré dans son cadre méditerranéen, utilisant une palette de couleurs pêche, jaune et blush, inspirée des carreaux de céramique d’origine du bâtiment.
“Je mets tout ce que je sais sur la couleur et la conception de produits dans ce projet”, déclare Williamson.
Résumé : Qu’il s’agisse de la restauration d’une résidence milanaise historique, de la réinterprétation subversive d’une icône de la bande dessinée à New York ou de la conservation personnelle d’archives de mode à Majorque, ces nouvelles ouvertures mettent en évidence une tendance commune : le mélange harmonieux de l’histoire personnelle avec l’espace public.
