Un passager d’United Airlines porte plainte après qu’un enfant de quatre ans ait été gravement brûlé à cause du thé brûlant servi sur un vol Newark-Tel Aviv l’année dernière. L’incident met en lumière un problème récurrent : les compagnies aériennes font face à des conséquences financières limitées en cas de blessures subies par les passagers, même lorsque ces blessures sont graves. Cette affaire, régie par la Convention internationale de Montréal, démontre comment les cadres juridiques peuvent protéger les transporteurs tout en laissant aux parties lésées des dommages plafonnés.

La Convention de Montréal : un filet de sécurité pour les compagnies aériennes

La Convention de Montréal stipule que les compagnies aériennes sont responsables des blessures survenant à bord des avions en raison d’« événements inattendus ou inhabituels », même si ces événements découlent de procédures de routine exécutées avec négligence. Cependant, la convention fixe des limites financières strictes aux dommages. En décembre 2024, le plafond s’élève à environ 216 470 $ – une somme qui peut paraître substantielle mais qui est souvent loin de couvrir les soins médicaux à long terme, la douleur et les souffrances liées à des blessures graves.

Cela signifie qu’une compagnie aérienne peut être jugée coupable d’avoir causé un préjudice catastrophique à un passager, mais son exposition financière est plafonnée, quelle que soit l’étendue des dommages.

Le cas United Airlines : une question de responsabilité

Dans ce cas précis, la compagnie aérienne a remis une tasse de thé à 200 degrés, découverte, à un passager de onze ans, qui l’a ensuite apparemment passée à l’enfant de quatre ans. La question juridique clé n’est pas nécessairement de savoir si United est responsable (étant donné que la boisson chaude a été servie à bord), mais à quel point la responsabilité sera engagée.

Si le déversement est attribué à une mauvaise manipulation de la part d’un passager plutôt qu’à une négligence de la part de l’équipage, la compagnie aérienne pourrait faire valoir qu’elle a suivi les procédures standard et qu’elle n’est responsable que d’un montant limité. L’absence de dommages-intérêts punitifs dans les affaires relevant de la Convention de Montréal restreint davantage les indemnisations potentielles.

L’affaire McDonald’s Coffee : un contraste en matière de responsabilité

La tristement célèbre caisse à café McDonald’s offre un contraste saisissant. Stella Liebeck a remporté un premier verdict important (réduit par la suite) après avoir subi de graves brûlures causées par un café trop chaud. Contrairement aux affaires de compagnies aériennes relevant de la Convention de Montréal, la poursuite de Liebeck était une action en responsabilité civile délictuelle qui comprenait des dommages-intérêts punitifs destinés à dissuader les comportements négligents.

McDonald’s a modifié la température de service du café en réponse, réduisant ainsi les brûlures en abaissant la chaleur à 158°F. L’industrie aérienne, cependant, n’a pas apporté de changements généralisés similaires malgré des incidents de brûlure répétés.

Un modèle de négligence

Ce n’est pas un incident isolé. Des cas antérieurs montrent que United et d’autres compagnies aériennes ont été impliquées dans des accidents similaires, notamment un où du café brûlant a forcé un déroutement de vol et un autre où un agent de bord a renversé un liquide chaud sur un passager. Frontier Airlines a même été confrontée à un incident inquiétant impliquant des brûlures aux organes génitaux d’un passager à cause du thé brûlant.

Ces événements récurrents suggèrent des problèmes systémiques au sein de l’industrie, où les réductions de coûts ou une formation inadéquate peuvent l’emporter sur la sécurité des passagers.

La question des limites

La Convention de Montréal a été conçue pour rationaliser le droit de l’aviation internationale. Cependant, ses plafonds de responsabilité soulèvent des questions éthiques. Les compagnies aériennes devraient-elles être à l’abri de l’entière responsabilité financière en cas de blessures graves, même lorsque la négligence est évidente ? Certains soutiennent que l’élimination de ces limites inciterait les compagnies aériennes à donner la priorité à la sécurité des passagers et à adopter de meilleures pratiques.

Le système actuel permet un calcul coût-bénéfice dans lequel les compagnies aériennes peuvent accepter un certain niveau de risque et une responsabilité limitée plutôt que d’investir dans des procédures plus sûres. Il ne s’agit pas seulement d’une question juridique ; c’est une question morale.